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jeudi 30 novembre 2006

La Commission Européenne impuissante face au monopole de Microsoft

« L'Association francophone des utilisateurs de logiciels libres », plus connue sous le nom de l'AFUL a publié un communiqué proclamant l'impuissance de la Commission Européenne face à la toute puissance de Microsoft. : Microsoft, le monopole tue l'innovation

En dépit des sanctions de l'Europe pour sa politique anti-concurrentielle, la société Microsoft récidive avec la sortie de son nouveau système d'exploitation Windows Vista. L'AFUL s'étonne que la Commission Européenne choisisse de corriger par des sanctions au coup par coup, sans effet réel, les abus de position dominante du monopole de Microsoft, plutôt que d'assainir les pratiques commerciales pour permettre l'existence d'un marché concurrentiel des systèmes d'exploitation soumis à la sanction de la satisfaction de la demande. Un marché où « la concurrence est libre et non-faussée » ne saurait s'équilibrer sans cette confrontation de l'offre et de la demande. Faut-il croire que la Commission Européenne ne s'intéresse qu'à la défense de l'offre de quelques éditeurs, souvent non-européens, et ignore les intérêts légitimes de la demande, c'est-à-dire des consommateurs européens et des entreprises et organisations européennes utilisatrices de logiciels ?

Depuis 15 ans, la société Microsoft utilise toutes les ficelles anti-concurrentielles qu'offre sa domination quasi monopolistique pour prévenir toute réelle concurrence sur ses marchés et pour s'emparer de marchés nouveaux. ...

Le maintien des positions de DOS puis de Windows se fonde depuis quinze ans sur diverses pratiques contractuelles prédatrices avec les assembleurs et distributeurs d'ordinateurs, pratiques qui obligent les consommateurs à payer le système d'exploitation Microsoft, qu'ils en aient ou non l'usage. Cela a permis à Microsoft de se débarrasser de la concurrence de l'excellent DR-DOS puis de BeOS, et lui permet aujourd'hui de contenir le succès des systèmes d'exploitation concurrents, dont GNU/Linux, ou d'imposer l'acquisition d'un nouveau système Windows même à ceux qui ne souhaitent pas en changer. Ces pratiques contractuelles concernent de 90 à 95% du marché d'après les chiffres rendus public par le BSA, et nous estimons de 10 à 25% le pourcentage d'ordinateurs neufs qui s'accompagnent d'une vente forcée.

Aujourd'hui ces pratiques vont jusqu'à tatouer les composants des ordinateurs pour empêcher les usagers d'y installer un autre système d'exploitation de leur choix, sous de fallacieux prétextes invoquant la sécurité.

L'intégralité du communiqué, disponible sur le site de l'AFUL, est intitulé « Face à Microsoft, la Commission Européenne organise son impuissance en ignorant les consommateurs », a été relayé par Toolinux, dans un article intitulé « [AFUL : Face à Microsoft, la Commission Européenne prouve son impuissance » et par PC Inpact dans son article « AFUL: la Commission doit assainir les pratiques commerciales. »

mardi 21 novembre 2006

La propriété intellectuelle : ses forces et ses limites

Dans son excellent livre « Un autre monde », Joseph E. Stiglitz écrit sur les forces et les limites de la propriété intellectuelle. Extrait du chapitre « Brevets : des profits et des hommes » Couverture du live de Joseph E. Stiglitz

Les droits de propriété intellectuelle donnent à ceux qui la possèdent le droit exclusif de l'utiliser. Ils créent un monopole. [...] Le pouvoir de monopole engendre des rentes de monopole - des surprofits -, et ce sont ces surprofits qui sont censés inciter à s'engager dans la recherche. Les inefficacités liées au pouvoir de monopole dans l'usage du savoir sont particulièrement graves, car le savoir est ce que les économistes appellent un « bien public » : potentiellement, tout le monde peut en bénéficier. Thomas jefferson, troisième président des Etats-Unis, l'a dit de façon bien plus poétique en assimilant le savoir à une bougie : quand elle en allume une autre, sa lumière ne diminue pas. L'efficacité économique exige le libre accès au savoir, les droits de propriétés intellectuelle sont conçus pour en restreindre l'usage. On espère que les inefficacités induites par le pouvoir de monopole seront compensées par une innovation plus forte, donc une croissance plus rapide. [...]

Le géant du logiciel américain Microsoft a usé du pouvoir de monopole que lui ont conféré ses droits de propriété intellectuelle pour abattre des innovateurs comme Netscape et RealNetwork. Certains sont assez courageux, ou téméraires, pour se dire que, s'ils ont la chance de trouver une innovation exceptionnelle, ils pourront défier Microsoft ; d'autres se satisfont de la perspective de se faire racheter ; mais beaucoup conscients du danger évident, sont dissuadés d'élaborer des nouveautés assez précieuses pour attirer l'attention de Microsoft. Même quand les tribunaux mettent le holà aux pratiques anticoncurrentielles , il est difficile de recréer un marché concurrentiel, en particulier quand il reste de puissants brevets. Dans ce genre de cas, la propriété intellectuelle aboutit à une situation perdant-perdant. L'économie perd à court terme, puisque les prix élevés du monopole réduisent le bien-être, et à long terme aussi, puisque l'innovation est également réduite. [...]

Plus généralement, puisque les brevets entravent la dissémination et l'utilisation des connaissances, ils ralentissent la « recherche de suivi », qui vise à innover à partir des travaux des autres. Puisque presque toutes les innovations s'appuient sur des innovations antérieures, c'est l'ensemble du progrès technique qui est alors ralenti. [...]

Il est intéressant de noter que même dans le logiciel, le système de collaboration ouverte fonctionne bien. Nous avons aujourd'hui le logiciel pour les ordinateurs le système d'exploitation Linux, qui lui aussi repose sur le principe de l'architecture ouverte. Tout ceux qui y participent doivent accepter le fait que le code source est libre : c'est un programme dynamique constamment amélioré par des milliers d'utilisateurs, une alternative gratuite et viable au système d'exploitation de Microsoft. Il progresse vite, notamment dans les pays en développement. Un rejeton de Linux, le navigateur Mozilla Firefox, a connu une croissance encore plus rapide. Non seulement il est gratuit, mais il semble moins exposé aux problèmes de sécurité, qui ont été me fléau du navigateur Internet de Microsoft. L'inquiétant, c'est que Linux, inévitablement empiétera un jour sur l'un des brevets parmi les centaines de milliers qui ont été accordés, et que le détenteur de ce brevet tentera alors de rançonner l'ensemble du système Linux. Même si l'on montre en définitive que le brevet n'est pas valide, les coûts économiques peuvent être énormes, comme l'a découvert Research In Motion (la compagnie qui a mis au point le Black Berry) quand on l'a obligée à payer plus de 600 millions de dollars, non à l'inventeur, mais à la firme qui avait acquis le brevet à bas prix - un brevet déjà disqualifié à cette date en Allemagne et au Royaume-Unis.

Le livre de Joseph E. Stiglitz est disponible, entre autres, sur les sites « eyrolles.com », et « Amazon.fr ». Personnellement je me le suis procuré à la librairie Cart de Besançon, ma ville natale :-)

lundi 6 novembre 2006

Firefox 2 et les statistiques de MozillaZine-fr

La sortie de Firefox 2 ce mardi 24 octobre a fait un gros bang sur le web. J'ai vite passé toutes mes Ubuntu en version Edgy Eft pour profiter de la version 2 de Firefox intégrée à ma distribution préférée. Je préfère de loin les paquets standards proposés, mieux intégrés à Ubuntu et mis à jour automatiquement, réalisés par des gens qui connaissent bien mon système d'exploitation, plutôt que de perdre mon temps à installer le binaire officiel de Firefox 2 sous mes Ubuntu AMD et Intel ou de le compiler moi sur mon Ubuntu PPC. De la même manière je préfère utiliser les versions proposées par défaut par Ubuntu de tous les logiciels que j'utilise comme OpenOffice, VIM, GIMP. etc.

Après une semaine d'utilisation je trouve Firefox 2 vraiment top, ce qui reflète bien la déclaration de Mike Schroepfer sur Vnunet.fr : « Nous avons vraiment cherché à rendre le produit le plus agréable possible à utiliser. Rien de très voyant, mais des améliorations efficaces qui ont demandé beaucoup de travail. »

Sur notre site de traduction de MozillaZine.org hébergé sur MozillaZine-fr.org nous avons bien entendu ressenti le bang Firefox 2. Le nombre de visites et de pages vue ont pratiquement doublé le jour de la sortie du nouveau Firefox. Voici un extrait des statistiques générés par PhpMyVisites et Webalizer.

PhpMyVisites utilise un pixel invisible et Webalizer analyse les journaux du serveur Web d'Apache, et contrairement à Webalizer, PhpMyVisites ne prend pas en compte que certaines pages du site, celles avec le pixel invisible, donc certains fichiers, comme les fichiers de syndication RSS et Atom ne sont pas pris en compte par ce dernier. Voici ce qui peut expliquer les grosses différences entre PhpMyVisites et Webalizer...