Firefox 1.0 est enfin là, et le succès a l'air au rendez-vous.
Belle revanche pour Mozilla, qui a mis presque sept ans à s'imposer. Et oui c'est début 1998, que Netscape diffusa le code source de Navigator et fonda l'organisation Mozilla. Certains virent cela comme un acte désespéré de Nestcape face à la toute puissance de Microsoft® (n'oublions pas que Microsoft® avait juré d'avoir la peau de Netscape). Début très difficile donc pour les développeurs de Mozilla (composés majoritairement de gens de Netscape), qui en plus de travailler sur le code bogué et sale de Navigator 4 et d'essayer de passer d'un modèle fermé à un modèle open source, étaient sollicités par Netscape pour travailler sur le code propriétaire de Communicator 4.5.
En octobre 1998, le code de Netscape 4 était tellement sale et peu évolutif que Mozilla décide de mettre à la poubelle les 6 mois de développement et d'abandonner Mozilla Classic (Netscape 5) pour se concentrer sur Raptor (qui allait devenir Gecko) un nouveau moteur de rendu. Mais cette décision oblige à tout refaire l'interface utilisateur, un sacré boulot.
En avril 1999, mauvais coup médiatique pour Mozilla, Jamie Zawinski un des pères de Mozilla abandonne l'organisation et admet l'échec de Mozilla, même si selon lui Mozilla a réussi son passage d'un modèle fermé à un modèle ouvert, et a mis au point quelques bons outils tel que Bugzilla. La presse informatique ne croit plus en Mozilla, qui est un modèle d'échec open source comme le laisse entendre le vice président de SQLI dans son article.
Le projet continue d'avancer tout doucement, mais avance. En août 1999 je télécharge pour la première fois Mozilla, le milestone 10 qui marchouille mais qui reste très instable. En septembre 1999 je rencontre Hervé Renault qui lui aussi teste les derniers milestones et nocturnes de Mozilla, et qui s'apprêtait à lancer la version française de MozillaZine.
En octobre 1999 je me mis à tester les milestones de Mozilla en parallèle à Communicator 4.5. Puis petit à petit je me mis à utiliser de moins en moins Communicator 4.5, à la fin je n'utilisais plus que le courrielleur de Communicator, puis finalement j'abonnais ce (très) vieux Communicator. Ce fut très long, trois ans pour arriver à Mozilla 1.0. Bien mais ce n'était toujours pas ça, la sauce ne prends toujours pas, comme le dit le trolleur en chef de 01 informatique : Le « Mozilla de la cause perdue ».
Et oui Mozilla est trop gras, trop complexe et ne séduit pas. Pour donner une idée globale de l'ambiance qui règne à ce moment là dans certain milieu, le 1er avril 2001 dot.kde.org titre KDE/Qt Switching to Mozilla and JavaScript Technology, et oui c'est un poisson d'avril, car pour les gens de KDE Mozilla est trop lourd et trop lent (alors qu'aujourd'hui les gens de KDE veulent intégrer Mozilla à KDE)
Mozilla continue d'avancer dans l'ombre d'AOL/Netscape, mais autre baffe médiatique début 2003 Apple fait savoir qu'il n'utilisera pas Gecko (le moteur de Mozilla), mais KHTML (le moteur de Konqueror), bien qu'aujourd'hui les développeurs de Safari ont du mal à rendre Safari compatible avec les sites mal développés....
Le salut viendra de Dave Hyatt and Blake Ross qui trouvaient Mozilla compromis par les exigences commerciales de Netscape avec le projet Mozilla Browser, qui allait devenir Phoenix, Firebird puis Firefox. Début septembre 2002 sort la première version de Phoenix, et le projet fut sans doute propulsé par le désengagement d'AOL/Netscape et la naissance de la fondation Mozilla. Le lézard était vraiment libre et Mozilla n'était plus un projet AOL/Netscape.
En ce jour de novembre 2004 vous pouvez donc profiter d'une vraie alternative à Internet Explorer, performante, innovante, libre et gratuite, fait pas des gens qui pensent que le web doit rester libre et accessible à tous et non pas réservé à une société qui cultive les monopoles. Réappropriez-vous le web :
Firefox 1.0 est disponible en français sur le site site FTP de Mozilla Europe et sur la page de téléchargement de Geckozone. Pour le support en langue française les forums de Geckozone restent à disposition